Écrit le 15 février 2001
La
nouvelle pédagogie :
réponses à certaines
critiques négatives
1. "L’enseignement nivelle par le bas."
- Je pense le contraire. Il
suffit de voir la difficulté des problèmes, des questions de l’examen de
fin de sixième et l’on constatera qu’ils sont fort complexes mais aussi
fort proches des situations de vie réelles. (Même si l’orthographe y
occupe une partie modeste.)
- L’enseignement nivelle par
le haut car il axe ses méthodes sur la compréhension du sens (comment et
pourquoi ?), la réflexion, la résolution de problèmes complexes, la
participation active, l’autocritique, la recherche, la communication, la
collaboration, le " conflit ", la motivation,…
2. "Il faut bien préparer l’enfant au secondaire. Dans le
secondaire, on se plaint de …"
- L’école primaire n’est
pas responsable des lacunes pédagogiques de certains enseignants du
secondaire.
Le programme de l’école secondaire est basé
sur les mêmes objectifs, sur les mêmes méthodes de travail qu’au niveau
primaire (au moins jusqu’à 14 ans).
Parce que certains enseignants du secondaire
ignorent ce programme, ceux-ci se permettent de critiquer négativement
l’enseignement fondamental.
- Il ne faut pas préparer
l’enfant au secondaire mais à la vie. Le secondaire n’est pas un
objectif, ce n’est qu’une autre étape qui devrait permettre à
l’enfant de mieux se débrouiller dans la vie, dans son métier.
3. "L’ancienne méthode a fait ses preuves. Pourquoi changer ?"
- Il y a aussi beaucoup de
preuves que l’ancienne méthode n’était pas la meilleure. (ex :
les analphabètes, les personnes sans aucune qualifications, les exclus de
la société, les " assistés ", les personnes
incapables de se recycler et de s’adapter, celles qui ne veulent pas
travailler, celles qui sont dégoutées de l’école, celles qui ne savent
pas remplir un formulaire, lire un plan, comprendre un texte…)
- Que la méthode soit " bonne
ou mauvaise ", les bons élèves réussissent avec n’importe
quelle méthode, avec n’importe quel professeur,… Ceux-ci ne constituent
donc pas une preuve.
4. "Les enfants ne savent plus écrire sans faute."
- L’orthographe ne doit pas
occuper tout le temps scolaire. Elle est une compétence importante parmi
d’autres. Il y a plein d’autres compétences intellectuelles et sociales
à développer.
- Écrire un texte ne se résume
pas à l’orthographe : la construction de phrases, l’utilisation de
mots de liaisons, la concordance des temps, l’utilisation de synonymes et
de pronoms, l’emploi d’un vocabulaire précis et adapté, l’ordre des
idées,… sont des compétences que l’on oublie parfois.
- Un enfant de 12 ans ne doit
pas avoir une orthographe parfaite. Il continue à progresser et à
apprendre tout au long de sa vie. (minimum 80 % des mots corrects à 12 ans,
90 % à 14 ans d’après les programmes).
- La nouvelle pédagogie ne
bannit pas l’orthographe. Elle prône l’orthographe et la conjugaison
contextualisées c’est-à-dire celles qui servent à écrire un texte, à
le comprendre.
N’avez-vous jamais remarqué qu’un enfant
commettait des fautes à des verbes, à des mots qu’il savait écrire dans une
colonne de conjugaison, dans une dictée, dans un test, dans un exercice ?
5. "L’orthographe est un patrimoine culturel. Elle apprend à
l’enfant la rigueur. Elle ne doit pas être modifiée (=> pas de nouvelle
orthographe)"
- L’orthographe est et doit
rester un outil de communication. On n’apprend pas l’orthographe pour
l’orthographe mais bien pour mieux communiquer.
Si sa complexité est un frein, un obstacle à la
communication, à l’apprentissage de la langue, elle perdra son objectif
premier.
- L’écriture ne doit pas être
réservée à ceux qui maitrisent parfaitement l’orthographe.
Tout le monde doit pouvoir écrire (même avec des
fautes) sans faire l’objet de moqueries.
- L’orthographe française
est très compliquée et souvent inexplicable. Simplifier l’orthographe
permet d’accélérer son apprentissage, de la rendre plus accessible et
demande tout autant de rigueur qu’auparavant.
(Voir réflexion "Simplifions
l'orthographe")
Bruno Dobbelstein
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